Le tournoi des VI Nations 2025 touche Ă sa fin, et ce fut une Ă©dition particuliĂšrement agrĂ©able Ă suivre, puisque le grand Ă©chiquier du rugby europĂ©en a Ă©tĂ© chamboulĂ©. On note des surprises, des retours en grĂące, de la suffisance aussi parfois. Bref ! Merci aux six Ă©quipes de nous avoir offert le plus grand spectacle sportif au monde, et on attend dĂ©jĂ l’Ă©dition 2027 avec impatience !
LE PAYS DE GALLES, AU BOUT DU SUSPENSE
Trois ans que les gallois n’Ă©taient plus rentrĂ©s dans le vestiaire d’un match du tournoi des VI Nations vainqueurs, 1099 jours, ça commençait Ă faire. Qu’Ă cela ne tienne, les hommes de Steve Tandy ont attendu la derniĂšre journĂ©e du tournoi 2026 pour (enfin) l’emporter, contre une Italie mĂ©connaissable cette annĂ©e ! Retour sur le tournoi des gallois.
Bien conscients des problĂšmes Ă la fois sportif et financier, les gallois entament leur tournoi en se rendant Ă Londres. Gros match du XV de la Rose, mais Ă©galement du XV du Poireau, car si le score est fleuve (48-7), on retiendra de ce match â outre le fait qu’il sera la seule victoire des anglais lors de cette Ă©dition â de l’envie, une vision, une dĂ©fense, et des erreurs de jeunesse (pas comme celles de Jegou non plus …), menant Ă des fautes bĂȘtes et Ă des cartons. Mais dĂ©jĂ le visage de l’Ă©quipe avait changĂ©.
Vient ensuite la rĂ©ception de l’Ă©quipe de France, et lĂ , pas moyen de faire grand chose. Les Français ont rĂ©alisĂ© trois premiers matchs impeccables, et donc les gallois Ă©taient clairement sous l’eau lors de cette rencontre, 12-54. Ont-ils dĂ©jouĂ©s ou Ă©taient-ils simplement muselĂ©s par les français ? C’est une trĂšs bonne question. Cependant, conscient de la difficultĂ© de la tĂąche, les gallois n’ont pas dramatisĂ© et ont continuĂ© leur tournoi.
TroisiĂšme rencontre et nouvelle rĂ©ception, de l’Ăcosse cette fois-ci, qui vient de battre les anglais Ă domicile. Le peuple d’Ăcosse croit fort en eux, mĂȘme si les statistiques contre le Pays de Galles ne sont pas grandiloquentes. Mais quel match ! Le rĂ©veil des gallois est bel et bien entamĂ©. Ils mĂšnent, ils jouent, ils font dĂ©jouer les Ă©cossais qui finalement s’imposent en toute fin de match, 23-26.
QuatriĂšme rencontre et dĂ©placement en Irlande. Ils le savaient, le match allait ĂȘtre compliquĂ©. Pourtant, une fois de plus, quelle rencontre. Les gallois Ă©taient lĂ jusqu’au bout, et mĂȘme si on sentait que les irlandais (pas grandioses non plus) allaient gagner, on regrette une fin de match brouillonne de la part des gallois, qui a mener les locaux Ă renvoyer les visiteurs sans bonus dĂ©fensif, 27-17.
Et enfin, LE match. Celui qui allait dĂ©cider du sort de la nation. On se rappelle de ce Pays de Galles â Italie de 2022 qui a entamĂ© la lente mais irrĂ©versible chute du rugby gallois. Dewi Lake et ses hommes aussi. Alors ils prennent en main le match dĂšs les premiĂšres secondes et Ă©trillent les italiens 31-17, au plus grand plaisir du monde du rugby.
FĂ©licitations aux gallois ! Pas de cuillĂšre en bois cette annĂ©e ! Ăa fait plaisir de vous revoir jouer du bon rugby, car mĂȘme si le classement n’est pas dingue, on a pu remarquer, tout au long du tournoi, un vrai retour en grĂące. Attention aux prochaines Ă©ditions, la jeunesse galloise peut faire beaucoup de mal !

LA ROSE EST FANĂE
On ne peut pas vraiment dire que le XV de la Rose de Borthwick a fait un beau tournoi. Loin de lĂ mĂȘme. Terminer Ă la 5Ăš place du tournoi des VI Nations n’est pas une premiĂšre pour les anglais (ils terminent 5Ăš en 2021 et en 2018) mais la chute est terrible, puisqu’ils terminaient 2Ăš l’an dernier ! Elle l’est d’autant plus que c’est la premiĂšre fois que les anglais ne rentrent Ă la maison qu’avec une seule victoire. Revenons sur leur parcours.
Une bonne entame du tournoi puisque les anglais reçoivent les gallois et s’imposent (visiblement) facilement 48-7, mĂȘme si, on l’a vu, ils ont Ă©tĂ© aidĂ©s par la jeunesse inexpĂ©rimentĂ©e galloise. Les experts du rugby anglais Ă©taient alors unanimes : 12Ăš victoire d’affilĂ©, c’Ă©tait une certitude, ils allaient remporter le Grand Chelem 2026 (https://open.spotify.com/episode…).
Vient le dĂ©placement en Ăcosse. La Calcutta Cup est toujours un match particulier, car au-delĂ des enjeux directs qui sont la course au titre du VI Nations, ce match reprĂ©sente et cristallise Ă©normĂ©ment d’enjeux, surtout en Ăcosse. Peu importe l’Ă©tat de forme des deux Ă©quipes, ou leur classement dans la hiĂ©rarchie mondiale, au coup de sifflet, les deux Ă©quipes sont Ă Ă©galitĂ©. Rapidement, dans cette Calcutta Cup 2026, les Ă©cossais prennent le pas sur des anglais fĂ©briles, voir mĂȘme gauches (sans doute pour ça qu’ils ont dĂ©cidĂ© de rouler de ce cĂŽtĂ© de la route). Des faits de jeu qui conduisent Ă des cartons (jaune puis rouge pour Arundell notamment) et c’est une victoire plutĂŽt aisĂ©e et bonifiĂ©e pour les Ă©cossais, 31-20.
La position de Borthwick et ses choix commencent Ă ĂȘtre rĂ©primandĂ©s. Il dĂ©cide alors (ou est forcĂ©?) pour la rĂ©ception de l’Irlande, de remanier son XV de dĂ©part et on a pu constater que ça a bien fonctionnĂ©. Nous n’avons jamais vu des anglais aussi mauvais. Les irlandais n’avaient pas besoin de forcer leur talent, c’Ă©tait comme si les anglais laissaient faire, 21-42. Ăa nous a rappelĂ© la dĂ©route contre les français en 2023 (10-53 pour les français). Au plus grand plaisir de tous les fans de rugby du monde, hormis les anglais, l’Angleterre se retrouvait Ă une place spĂ©cifique, celle du petit nouveau qui essaie de bien faire malgrĂ© son petit niveau.
C’est donc une Angleterre fragile qui se rend en Italie afin d’y revenir avec un peu d’espoir et surtout mettre fin Ă des tas de questions que se posent la presse britannique comme, par exemple, « pourquoi Henry Pollock devrait se teindre les cheveux de la couleur de ses adversaires Ă chaque match », ou « doit-on se servir du nez cassĂ© de Steve Borthwick comme d’un tremplin pour lancer de nouveaux joueurs ». On connait la suite de la rencontre, qui nous a rappelĂ© la victoire des italiens sur les gallois en 2022 : ils sont lĂ , ils prennent des points et des essais, mais sont lĂ , pas loin, ils prennent des pĂ©nalitĂ©s et dĂ©fendent, et Ă la fin, claquent un essai magnifique pour la victoire 23-18. PremiĂšre dĂ©faite de l’histoire du rugby anglais contre les italiens. Ăa chauffe pour Steve (https://www.rugbyrama.fr/une-liste-de-successeurs…).
Dernier match et dĂ©placement en France. Les anglais savent Ă l’avance que les français, pour remporter le tournoi, doivent impĂ©rativement s’imposer. Les anglais aiment gĂącher la fĂȘte, et Ă l’instar du tournoi 2022, ils Ă©taient lĂ pour battre les français. Cette fois, pas pour empĂȘcher les hommes de Fabien GalthiĂ© de rĂ©aliser le Grand Chelem, mais pour les empĂȘcher de gagner le tournoi. Et ils y sont presque parvenu puisqu’au terme d’un match haletant, c’est une pĂ©nalitĂ© Ă la 81Ăš minute de Thomas Ramos (48-46) qui scelle les espoirs des anglais : cette campagne 2026 ne rapportera que 8 points (1 victoire et 4 bonus, cheh !).

FRATELLI D’ITALIA, FAITES-NOUS RĂVER
Une dĂ©faite pour clĂŽturer le tournoi des italiens, mais qui ne reflĂšte en rien ce que l’Ă©quipe a rĂ©alisĂ© pendant ce tournoi : remporter deux victoires et ĂȘtre accrocheur sur un troisiĂšme match. Retour sur le parcours exceptionnel de l’Italie.
La premiĂšre rencontre se joue Ă domicile contre l’Ăcosse. Les visiteurs sont donnĂ©s favoris mĂȘme si le sĂ©lectionneur Townsend est critiquĂ© suite Ă une tournĂ©e d’automne ratĂ©e (victoires contre les Ătats-Unis et les Tonga, dĂ©faites contre la Nouvelle-ZĂ©lande et l’Argentine). MalgrĂ© la mĂ©tĂ©o Ă©cossaise, les italiens s’imposent au terme d’un match brouillon, de part-et-d ‘autre, 18-15. Le tournoi dĂ©bute trĂšs bien pour les locaux.
Les italiens se dĂ©placent ensuite en Irlande, qui vient se subir une lourde dĂ©faite en France. On sent que les irlandais ne sont pas maĂźtres de leur jeu, qu’ils balbutient leur rugby, et que les italiens, gonflĂ©s par leur victoire contre les Ă©cossais, envoient du jeu. Ils ne sont dĂ©fait que 20-13, ce qui reprĂ©sente un de leurs meilleurs rĂ©sultats en Irlande dans le tournoi des VI Nations.
Le troisiĂšme match est de nouveau un dĂ©placement, en France cette fois-ci, et Ă l’instar des gallois ou des irlandais, les italiens subissent les foudres des hommes de GalthiĂ©, malgrĂ© un trĂšs bon match gĂ©nĂ©ral des Azzurri. C’est une dĂ©faite sĂšche, 33-8, mais la copie rendue est propre et on sent que les italiens en ont sous le pied.
Vient le jour de gloire et dĂ©crĂ©tĂ© nouvelle journĂ©e de fĂȘte nationale italienne : la rĂ©ception de l’Angleterre. Le contexte est particulier puisque les anglais viennent de perdre deux matchs de suite, ce qui est plutĂŽt rare pour ĂȘtre soulignĂ©, et surtout une dĂ©route Ă domicile contre l’Irlande. Les italiens, eux, sont en pleine possession de leurs moyens : une victoire, une dĂ©faite encourageante en Irlande, et une dĂ©faite logique contre la meilleure Ă©quipe du tournoi. Au terme d’un match grandiose, haletant, les italiens s’imposent pour la premiĂšre fois dans leur histoire contre l’Angleterre 23-18, ce qui marque un tournant dans le monde du rugby : l’Ă©chiquier mondial est en train d’ĂȘtre bousculĂ©.
Les italiens auraient pu espérer remporter une troisiÚme victoire dans le tournoi pour la premiÚre fois de leur histoire, en vain. Ils tombent sur des gallois revanchards et en plein renouveau, et subissent une défaite logique, 31-17.
MalgrĂ© cette 4Ăš place, et ses « seulement » deux victoires, l’Italie semble ĂȘtre entrĂ©e dans une nouvelle dimension. Car si elle engrange de bons rĂ©sultats depuis quelques annĂ©es, on sent qu’elle est prĂ©sente sur les 80 minutes des rencontres, ce qui n’Ă©tait pas le cas auparavant puisqu’elle s’effondrait aux alentours de l’heure de jeu. On sent que les joueurs sont plus puissants et que les stratĂ©gies sont plus travaillĂ©es. Alors merci aux italiens de nous offrir du beau jeu, et vivement l’annĂ©e prochaine.

NOT THIS YEAR … AGAIN
Comme on vous l’avez pronostiquĂ© sur Cadrage-DĂ©bordement, 2026 n’est toujours pas l’Ă©dition marquant la premiĂšre victoire de l’Ăcosse dans le tournoi des VI Nations, et on le regrette ! Parce qu’ici on est un peu fan de Townsend et de ses hommes, mais c’est ainsi. Alors une fois de plus, not this year !
Et c’est sans doute Ă cause de la dĂ©faite initiale des Ă©cossais en Italie 18-15, dĂ©faite dont on tente encore de trouver les causes tellement le match Ă©tait accessible pour eux. DĂ©faite initiale qui est suivie par trois victoires.
La premiĂšre victoire est obtenue contre les anglais, sur le score de 31-20. On n’a jamais senti, durant le match, des Ă©cossais inquiĂ©tĂ©s, tant ils ont maĂźtrisĂ© ce qu’ils savaient faire (donc, pas les touches, ni les mĂȘlĂ©es). Tout Ă©tait trĂšs bon et inspirĂ©, et offre Ă Towsend une 7Ăš Calcutta Cup (6 victoires et un nul en 2019) en 9 Ă©ditions ! What a Stat !
Bien lancés, les écossais parviennent, à Cardiff, à résister aux assauts gallois et gagnent le match dans les tous derniers instants 23-26, grùce à la malice de Russell.
Vient ensuite la rĂ©ception du grand favori, le XV de France. Et c’est une Ăcosse remarquable, partout dĂ©fensivement et offensivement, qui Ă©trille les français 50-40. Le score ne reflĂ©tant absolument pas la physionomie du match, puisqu’Ă la 66Ăš minutes, les Ă©cossais mĂšnent 47 Ă 14 et laissent filer la fin du match, la victoire Ă©tant dĂ©jĂ scellĂ©e. Quelle performance !
Les hommes de Townsend arrivent Ă Dublin avec tant d’espoir, puisque pour la premiĂšre fois ils sont en capacitĂ© de, mathĂ©matiquement, remporter le tournoi des VI Nations. Ăa ne sera pas pour cette annĂ©e puisque les irlandais, supĂ©rieurs physiquement, et aidĂ© par un arbitrage laxiste dans les rucks, s’imposent 43-21, et c’est une nouvelle dĂ©faite de l’Ăcosse contre l’Irlande, tradition depuis 2017 dans le tournoi, et depuis 2010 pour la derniĂšre victoire sur le sol irlandais. Les locaux reprennent, par la mĂȘme occasion, le Reaburn Shield.
Nouvelle dĂ©sillusion pour les Ă©cossais qui peuvent avoir les boules tant une victoire sur l’Italie auraient pu leur donner de meilleures chances de remporter le tournoi. On renforce les acquits et on se projette sur 2027 avec la mĂȘme envie que contre la France. Bravo !
PAS ASSEZ BONS, LES IRLANDAIS FOCALISĂS SUR LA TRIPLE COURONNE
France â Irlande, Irlande â France, de nouveau Irlande â France. Ces derniĂšres annĂ©es, ces deux nations se partagent les lauriers dans le tournoi des VI Nations. Ce sont les deux Ă©quipes en forme depuis l’Ă©dition 2020 puisqu’elles sont systĂ©matiquement sur le podium, et ont remportĂ© les 4 derniĂšres Ă©ditions. On s’attendait donc Ă un nouveau face Ă face entre les deux Ă©quipes et ⊠on a Ă©tĂ© un peu déçu.
En effet, la premiĂšre rencontre du tournoi Ă©tait la finale avant l’heure puisque les irlandais se sont dĂ©placĂ©s Ă Paris pour subir une lourde dĂ©faite 36-14. On n’a pas vraiment senti que les irlandais Ă©taient en capacitĂ© de remporter le match, Ă aucun moment. Le match qui s’annonçait comme Ă©tant LE match du tournoi Ă©tait un peu dĂ©cevant.
S’en suit quatre victoires pour les irlandais, la premiĂšre contre une Italie en forme, oserons-nous parler de victoire de justesse de l’Irlande? On n’en Ă©tait pas loin. Les hommes de Farrell n’Ă©taient pas spĂ©cialement bons, peut-ĂȘtre Ă©taient-ils suffisants Ă recevoir l’Italie? Ils se sont fait surprendre et auraient trĂšs bien pu perdre la rencontre, 20-13.
Le dĂ©placement Ă Londres s’annonçait compliquĂ© pour les irlandais suite Ă un dĂ©but de tournoi en demi-teinte, et Ă un potentiel retour en forme des anglais. Il n’en fut rien. Les irlandais se sont imposĂ©s facilement 21-42 sans avoir besoin d’y mettre les formes : les situations de marque sont arrivĂ©es dĂ©jĂ toutes cuites dans les mains du XV du TrĂšfle.
La rencontre suivante contre le Pays de Galles aurait pu (ou du?) ĂȘtre une ballade de santĂ© pour les locaux puisque les gallois avaient enchainĂ© trois dĂ©faites, et les irlandais Ă©taient sur une pente ascendante. Pourtant, le match nous a tenu en haleine jusqu’Ă la toute fin, 27-17. Une fois de plus, l’Irlande ne montrait pas son meilleur profil dans le tournoi.
Le dernier match contre l’Ăcosse fut diffĂ©rent. On connaissait les enjeux. Une Triple Couronne et surtout une premiĂšre place provisoire Ă aller chercher pour les deux nations. Pris par l’enjeu, les Ă©cossais ont peut ĂȘtre dĂ©butĂ© le match en dĂ©jouant. Les irlandais, bien aidĂ© par l’arbitrage, tiennent Ă l’Ă©cart les Ă©cossais et finissent par s’imposer 43-21. Ils mettent la pression aux français pour le grand final du tournoi.
Que dire des irlandais ? Pas grandioses, pas transcendants. Ils gagnent avec suffisance contre l’Italie et le Pays de Galles, et sans jouer contre les anglais. Ressaisissez-vous messieurs, vous faites des deuxiĂšmes palots …
MY LOVE HAS GOT NO MONEY, HE’S GOT HIS STRONG BELIEFS
AnnoncĂ©e grande favorite, la France entame son tournoi des VI Nations en remettant son titre en jeu. Peu de personne doute (sauf les anglais) qu’un Grand Chelem est fortement envisageable avec trois rĂ©ceptions cette annĂ©e.
Le tournoi débute trÚs bien, on voit une équipe de France bien jouer et battre des irlandais penauds et pas trop dans leur match. Victoire facile 36-14.
Le dĂ©placement au Pays de Galles se fait avec de l’ambition, celui de prendre le pas sur les autres nations du tournoi. C’est chose faite puisque les français s’imposent trĂšs facilement 12-54. 10 points en deux rencontres, le Grand Chelem est tout proche.
La troisiĂšme journĂ©e est marquĂ©e par la rĂ©ception de l’Italie, Ă Lille. Souhaite-t-on conjurer le sort du match de 2024 (nul 13-13 entre les deux nations)? C’est chose faite, sans forcĂ©ment mettre les formes, les français s’imposent 33-8. 15 sur 15.
La quatriĂšme journĂ©e est abordĂ©e par les journalistes et spĂ©cialistes du rugby comme une nouvelle formalitĂ©. Les Ă©cossais ont, certes, battus les anglais, mais Ă©taient vraiment ric-rac contre les gallois. Ce qui n’Ă©tait pas le cas des français, qui n’avaient pas Ă©tĂ© menacĂ©s depuis le dĂ©but du tournoi. Et c’est peut-ĂȘtre lĂ le problĂšme : des trois premiers matchs, aucune nation n’a rĂ©ussi Ă faire dĂ©jouer les français. Les hommes de GalthiĂ© n’ont ainsi jamais du mettre la main Ă la patte, jamais du forcer leur talent pour s’imposer. Ils arrivent Ă Murrayfield avec un Ă©tat d’esprit similaire. Mais les Ă©cossais prennent Ă la gorge des français hagards dĂšs le dĂ©but de rencontre et parviennent Ă renverser le XV de France 50-40. Dans leur dĂ©bĂącle, les français rentrent avec le point de bonus offensif, trĂšs rassurant pour la fin du tournoi.
Enfin le dernier match, le Crunch. Maillot spĂ©cifique pour l’occasion des 120 ans du premier France-Angleterre. Show pyrotĂ©chnico-thĂ©atrĂąle d’avant match. Tout y Ă©tait. MĂȘme des anglais prĂȘts Ă gĂącher la fĂȘte. Et ils y sont presque parvenus. Les français connaissent leurs possibilitĂ©s : c’est une victoire contre les anglais, ou le trophĂ©e repart en Irlande. Quel match. Pris par l’enjeu, les français ne parviennent pas Ă dĂ©rouler plus que 10 minutes par 10 minutes. Ils rentrent menĂ©s Ă la mi-temps et ne prenne le score qu’au court de la seconde mi-temps. Les anglais sont toujours lĂ et passent devant Ă 5 minutes de la fin de la rencontre. Ce n’est que par le sang-froid des avants, qui conservent le ballon sans faute, et au pied droit de Thomas Ramos, que les français s’imposent Ă la 81Ăš minutes, laissant Pollock manger son karma.
Bravo Ă l’Ă©quipe de France qui conserve son titre pour la premiĂšre fois depuis 2007, mais attention pour le futur. Le jeu n’Ă©tait pas linĂ©aire et, Ă de trop nombreuses fois, ça laisse trop jouer l’adversaire, ça dĂ©fend peu, c’Ă©tait presque suffisant.

Ce fut un trĂšs beau tournoi, car mise Ă part le rĂ©sultat des anglais, trĂšs en-deçà de ce dont ils sont capables de faire, on a vu un retour en forme des gallois, une Ă©quipe d’Italie qui surprend tout le monde, des Ă©cossais ĂȘtre proches d’une victoire finale, des irlandais visiblement contents d’ĂȘtre lĂ , et un XV de France trĂšs bon mais parfois malmenĂ©. TrĂšs belle Ă©dition et bravo Ă tous !
15 mars 2026

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