VI NATIONS – BACK TO BACK POUR LBB

Cette semaine sont tombés les résultats concernant l’élection du meilleur joueur du tournoi des VI Nations 2026, et sans surprise, c’est le bordelais Louis Bielle-Biarrey qui l’a emporté !

LE DOUBLÉ POUR BIEILLE-BIARREY

Déjà récompensé en 2025, « LBB » conserve sa couronne de meilleur joueur du tournoi. Bien aidé par ses 9 essais inscrits en 5 matchs (nouveau record du tournoi), le fait qu’il ait inscrit au moins un essai lors des 10 derniers matchs (nouveau record également) a largement fait pencher la balance de son côté.
Notre français était opposé à trois joueurs pour le titre, en premier lieu contre McCloskey, le centre irlandais a été l’un des tous meilleurs attaquants du tournoi. Il a énormément pesé pour son équipe (8 passes après contact, 6 passes décisives, 20 défenseurs battus, 18 contacts dominants – 1er – 105 mètres après contact).
Ce fut aussi le cas pour l’écossais Kyle Steyn, également retenu dans la sélection finale. L’ailier est revenu en grâce lors de cette édition et les hommes de Towsend lui doivent de nombreux points inscrits. Outre ses 3 essais marqués, il a parcouru, ballon en main, 316 mètres, avec une moyenne de 8,5 mètres par course, et battu 26 défenseurs (1er).
Enfin, le dernier nommé était Menoncello. Le vainqueur du titre de meilleur joueur du tournoi 2024 avait des arguments pour récupérer sa couronne (363 mètres parcourus dont 8,6 par course – 1er – il a battu 20 défenseurs, gagné 7 turnovers).
De belles stats pour ces joueurs, mais rien comparé au simple nombre d’essais marqués. « LBB » dégomme tout le monde et de loin. On regrette que l’organisaiton du tournoi ne mette en avant que les prouesses offensives des joueurs qui, certes, permettent de marquer des points, mais on ne marque pas de points sans des avants impeccables et une orientation du jeu particulière. Ainsi on aurait très bien pu nommer Matthieu Jalibert (14 offloads – 1er – 6 passes décisives – 1er – 18 défenseurs battus) dans sa faculté à faire vivre le ballon ; un Thomas Ramos (28 coups de pied réussis – 1er – 385 mètres parcourus, 10 offloads, 4 passes décisives, 74 points marqués – 1er pour la quatrième fois d’affilé) dans sa faculté à créer du jeu ; un Mirco Spagnolo ou Grant Gilchrist (100% aux plaquages), et d’autres …

LE DOUBLÉ DANS LA LÉGENDE

Bielle-Biarrey réalise le doublé cette année, il n’est pas le seul à l’avoir fait, mais il intègre une élite du rugby européen. En effet, avant lui, seuls trois joueurs sont parvenus à réaliser le doubler : O’Driscoll remporte le titre en 2006 et 2007 ; Stuart Hogg fait le doublé en 2016 et 2017 ; Antoine Dupont le réalise en 2022 et 2023.
Avec sa victoire, « LBB » permet à la France de revenir à hauteur du Pays de Galles avec 5 trophées du meilleur joueur du tournoi, mais encore à deux longueurs des irlandais. Il est intéressant de noter que la France n’obtient son premier titre qu’en 2020 ! Et une seule récompense pour l’Angleterre en 2014 !
Il remporte un second trophée mais il lui reste encore une marche avant d’atteindre celle d’O’Driscoll et de Dupont avec trois victoires chacun. Là où le bordelais excelle, c’est qu’il n’a été nommé que deux fois, il est donc à 100% de victoire. O’Driscoll, sur sa longue carrière, a été nommé 6 fois (50% de victoire), Paul O’Connell 5 fois (20% de victoire), Dupont 4 fois (75% de victoire), Hogg 4 fois également (50% de victoire).
Statistitique intéressante, depuis la prise de fonction de Galthié en 2020 – tout d’abord, la France n’a plus quitté les deux premières places du classement du tournoi – la France n’a perdu que deux titres de meilleur joueur du tournoi : en 2021 avec l’année incroyable de l’écossais Hamish Watson (100% de plaquage sur plusieurs années) et Menoncello en 2024, l’année où il perce. 5/7 pour Galthié, une nouvelle médaille à mettre à son tableau de chasse !

ON VOUS PARLE DES MEILLEURS, MAIS QUI A LE PLUS LES BOULES ?

C’est bien beau de vous parler de ceux qui gagnent, mais on peut aussi vous parler de ceux qui perdent, parce que, fatalement, y’en a une paire !
De toute l’histoire du tournoi des VI Nations, on est déjà énormément étonné de ne pas avoir, dans les vainqueurs du trophée du meilleur joueur, des noms comme Wilkinson, Sexton, Michalak, Bergamasco, Laidlaw, Russell, O’Gara, Warburton, et j’en passe et des meilleurs. La première chose à dire là-dessus c’est que jamais un demi d’ouverture n’a remporté ce trophée. Étonnant quand on sait le poids qu’ils ont sur le jeu de leur équipe. On se demande ce qu’aurait été une Irlande sans Sexton, ou une Angleterre sans Wilkinson … Pas grand chose. Seul un demi de mêlée a remporté le trophée : Antoine Dupont et à trois reprises. Sinon, seuls 3 troisièmes lignes et 2 deuxièmes lignes l’ont soulevé. Derrière, on a 5 arrières, 5 centres et 5 ailiers. Dommage qu’on récompense ceux qui marquent des essais !
Et parmi tous ceux qui ont été nommés, c’est qui le plus grand loser ? Y’a de la concurrence hein. On ne prend en compte que ceux qui n’ont jamais gagné (Paul O’Connell avec ses 4 défaites pour 1 victoire était bien classé, mais on a décidé de ne pas le prendre en compte). Beaucoup de joueurs ont été nommé deux fois sans gagner comme Ben Youngs, Guirado, Robshaw, Vunipula. Plus rares sont ceux qui ont perdu 3 fois, parmi eux Warburton ou Farrell. À 4 défaites on rentre dans l’élite, on retrouve deux irlandais : O’Gara et Sexton. On continue notre road trip en Irlande avec 5 défaites pour Connor Murray.
Le titre revient a un excellent joueur qui a eu une carrière extraordinairement longue. 8 défaites pour Sergio Parisse. On l’applaudit ! Il est le loser originel.

On rigole, on rigole, mais on salue les performances de tous les joueurs qui ont participé au tournoi des VI Nations. On sait le niveau qu’il faut atteindre pour jouer dans l’élite du rugby européen. Et on salue aussi la déjà incroyable carrière de Louis Bielle-Biarrey. On rappelle qu’il n’a que 22 ans, il a déjà remporté deux tournois des VI Nations, deux titres de meilleur joueur du tournoi, une Champions Cup avec Bordeaux, et double finaliste du Top 14. Il détient le record du nombre d’essais marqués sur une édition du tournoi (9 essais), du nombre de matchs consécutifs du tournoi en ayant marqué au moins 1 essai (10 matchs). 27 matchs joués avec l’équipe de France et déjà 29 essais. Bravo et merci !

3 avril 2026


En savoir plus sur Cadrage – Débordement

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire